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NOTES 237

En vérité, la théorie affleure à peine, en quelques phrases dogmatiques qu'il serait facile de retrancher. Un courant largement humain la recomTe. Nous n'aurions d'yeux, si nous n'étions pas prévenus, que pour les qualités d'observation, de sensibilité, de style qui font que presque chaque phrase sonne juste et semble née de la réalité des faits. Et c'est bien pour cela que j'en veux à M. Jules Romains de sa doctrine. Si j'abordais ce livre comme l'ouvrage d'un inconnu, dans l'igno- rance absolue de l'unanimisme, rien ne gâterait mon plaisir ; je pourrais rendre à l'ouvrage pleine justice. Mais quelque désir que j'en aie, je ne puis oublier que ce livTe, comme les autres, obéit à une doctrine d'école, qu'il fut écrit en apphca- tion d'un système, et ce système d'autant plus me choque qu'il apparaît là moins crûment et que le livre aurait .tout ce qu'il faut pour s'en passer : une vue directe sur les êtres et sur les choses, le sentiment du IjTisme intime et des proportions de l'art.

De quelque souci qu'il soit né, réjouissons-nous cependant d'y trouver plus que les promesses d'un psychologue et d'un poète. M. Jules Romains n'a encore rien écrit qui approche de ce roman. Le jour venu, il saura surmonter sa philosophie. Il vaut mieux qu'elle.

H. G.

��TANCREDE, par Léon-Paul Fargue.

L'auteur a longtemps hésité avant de réunir en volume ses premières pages. Il a eu tort. On ne doit pas se montrer hon- teux de son passé. Quelque courbe d'évolution qu'on ait suivie, le premier livre garde, par sa jeunesse même, un sens qui pourra manquer aux suivants ; il révèle le mouvement initial du poète, au moment où sa spontanéité ingénue a trouvé forme, la plus juste forme peut-être, en tout cas la moins concertée. — Tancrède n'échappe pas à cette loi à peu près générale, encore qu'il suppose une culture littéraire déjà sin- gulièrement avancée et un parti-pris d'art très net. Beaucoup

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