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jour... (Il tourne la tête vers le Père Supérieur et aperçoit dans ses yeux des larmes) Qu’avez-vous, mon Père .’*

Le PÈRE Supérieur. — Je pleurais, je l’avoue ; à cause qu’une grande joie m’est donnée avec une grande surprise.

Simon. — Ne parlez pas comme s’il venait d’arriver un miracle. Elle-même vous le défendrait, elle qui vivait aussi doucement qu’une flamme de bougie et qui aimait à la folie les choses ordinaires. Ne croyez pas qu’il se soit rien passé, et ne vous occupez même pas de chercher frère Saint-Jean pour qu’il m’enferme dans ma cellule. Silence, mon Père, silence ! Ce sera ce soir comme autrefois, si vous le voulez bien, comme avant que vous ne m’ayez emprisonné, lorsque c’était moi, le cœur plein de mon ouvrage, qui parfois vous priais de ne pas me laisser sortir. — Je suis las ; je pense que je vais dormir comme une pierre. Mais je vous demande, par grâce, de me faire éveiller demain au petit jour, parce que j’ai perdu du temps aujourd’hui et que j’ai beaucoup d’ouvrage. Me l’accorderez-vous, mon Père ?

Le Père Supérieur. — (Il s’agenouille, et dit dans un murmure :) Que votre volonté soit faite.

— RIDEAU. —

Mai 1911.

René Bichet.