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LE LIVRE DE l'ÉGLISE 219

j'étais revenu à ma place, le cœur retentissant des paroles de Melchissédech ; alors je dis : " Merci, mon Dieu, de m'avoir conduit jusqu'à vous, comme une mère qui attendait son fils derrière la porte et qui le mène sans rien dire à la table servie. Je jouis de n'être plus libre ; je suis heureux, Seigneur, de n'être plus mon maître ; je ne veux plus, je ne supporte plus d'être mon seul maître. Voici qu'une compagnie m'a été donnée, plus impérieuse que les amitiés de mon adolescence; un souffle d'air s'est ému pour moi dans le fond du monde ; un signe a été fait, afin que je ne reste pas seul. Maintenant j'ai place dans la chaîne, je tire et je suis tiré, je ne suis plus libre ! Merci, Seigneur, de m'avoir enchaîné pour toujours ! " — A présent, Simon, venez, et voyez. (// le mène a Vune des grands fenêtres^ et ouvre la haie du bas^ C'est le soir entre deux saisons. L'église a fermé son vantail, déjà les reflets d'or ont sûrement quitté le tabernacle, et l'ange annonciateur, sur le bord de la toiture, est comme un laboureur qui s'avance au bout de son champ pour voir se coucher le soleil ! Le jour s'en va lentement ; comme Jésus en se retournant illuminait le front de ses disciples avec le sourire de la grâce, il enveloppe d'or pâle la cathédrale tout entière, depuis le Moïse du portail jusqu'à ces statues blanches du sommet de la tour, pareille aux chanteuses dans la tribune. Ce n'est plus l'hiver.

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