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LE LIVRE DE l'ÉGLISE 2I3

pour dîner, puis sur le coup d'une heure retour- naient à leur marteau ; et si leur fils unique mou- rait, ils demandaient une demi-journée pour Ten- terrement, après quoi ils retrouvaient le ciseau et le maillet sous le bout de vieille bâche où l'on abrite les outils. Les jours en suivant, au lieu de garnir les chapiteaux avec des démons rieurs et des femmes-sirènes, ils sculptaient Saint-Michel consolateur ; et voilà tout. Aujourd'hui, c'est bien changé. Quand on veut travailler pour Dieu, il faut se crucifier au monde. Le monde a tout mangé, il a rongé tout le temps et toute la bonne volonté, il a entamé la part de Dieu. Ce n'est pas notre faute, Seigneur, ce n'est pas nous les respon- sables. Depuis la fin des grandes guerres, rien ne semble plus pénible que les ouvrages de Dieu ; on ne les fait qu'en rechignant, par besoin d'argent, par force, comme un voleur qui se résignerait à être honnête. Nous n'y pouvons rien. Nous som- mes bien forcés d'être durs. Donnez-moi du moins, mon Dieu, la force d'y persévérer. Vous qui êtes Celui de l'Ancien Testament, le Méchant, l'Impla- cable, le Maître des Combats, le Meurtrier de la fille de Jephté ! Et pour Simon, faites qu'il travaille, mon Dieu, faites qu'il travaille !

(La porte s'ouvre. Paraît sur le seuil Simon)

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