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200 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

par l'exposé des faits qui va suivre, qu'ils ne sont pas l'un à l'autre comme la partie au tout, mais comme deux états d'une même gravure, et que le plus ancien est justement celui qui se présente aujourd'hui tout paré des grâces de la nouveauté.

C'est au printemps de 1898 que Philippe me confia son projet d'écrire un livre " sur sa mère. " Il venait de terminer la Bonne Madeleine ; il était tout occupé de la Pauvre Marie^ dont il n'acheva le portrait qu'à la fin de l'été suivant ; mais il avait coutume de toujours porter un livre dans sa tête, tandis qu'il en rédigeait un autre à sa table de travail. C'est ainsi que la gestation de Bubu de Montparnasse dura exactement le temps qu'il mit à écrire la Mère et F Enfant^ cette concordance n'est pas sans intétêt, s'il faut, comme je le crois, la retenir pour expliquer que le premier livre, conçu dans la tendresse et dans la joie, se teinta d'ombre en grandissant dans le voisinage du second. Le 31 mai 1898, Philippe commu- nique à Henri Van de Putte le plan de la Mère et F En- fant. Pendant les mois d'été, il écrit deux chapitres qu'il me montre en rentrant de vacances, vers le début d'octobre, et dont il n'est guère satisfait. C'est à partir de la Toussaint qu'il se met vraiment au travail. Le 4 décembre, il écrit à Van de Putte : " Mon gosse a un an, il est sevré, il sait déjà imiter l'âne, le veau, le mouton et la poule. " Le premier chapitre de l'édition majeure est donc terminé. Quatre mois plus tard, l'enfant a douze ans : " Nous le soignerons jusqu'à dix-huit et puis nous l'abandonnerons aux événements de ce monde. " ^ Philippe

' Nowuelle Revue Française, 1" avril 191 1, p. 596, lettre du 7 mars 1899.

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