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LES OISEAUX NOIRS


(D’APRÈS LE TABLEAU DE VINCENT VAN GOGH)


A Madame Elide

O ma chérie, voici le paysage dangereux
Que tu as voulu voir par tes grands yeux
Fiévreux.
Ne t’enthousiasme pas avec ta voix qui devient rauque !

Un ciel immense où se mélangent
Du bleu pur de midi, du bleu sourd de minuit ;
En descendent des oiseaux lourds, noirs. Ils croassent.
Hésitant à se laisser choir
Dans ce champ albinos et qui s’enflamme d’or.
Ils vont plus loin, à la chasse
Au mort.

Ma chérie, toi que la maladie
Prive de l’au-dehors.
Ne regarde pas toujours ces lourds oiseaux centenaires,
Mais que tes yeux se désaltèrent
Au ciel immense où se mélangent
Du bleu pur de midi, du bleu sourd de minuit !