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LA CRISE DE l'aRT DRAMATIQUE 163

manise. Plus de mariage irrévocable, plus de vœux sans appel, plus de chute dont on ne puisse se rele- ver. On sait qu'en toute chose il y a du pour et du contre, que les partis extrêmes ont grand'chance de n'être pas les plus vrais, qu'un égoïsme modéré s'accorde beaucoup mieux aux intérêts du plus grand nombre que ne le font les grandes folies désintéressées. On se rappelle avoir vu d'affreux sacrifices inutiles et de néfastes héroïsmes. Les plus sages se sont fait un équilibre qui a sa beauté, même sa grandeur, qui n'exclut rien absolument, qui juxtapose, qui concilie. Tous les dogmes moraux sont chancelants. Depuis qu'une volonté divine a cessé de les imposer, ce ne sont plus des absolus mais des règles d'opportunité.

Où trouver parmi tant d'accommodements le grand, le fatal conflit tragique ? S'il est si rare dans notre art dramatique, n'est-ce pas tout simplement parce qu'il est de plus en plus rare dans nos vies ? Nous avons pris tant de permissions, qu'il en résulte, dans les affabulations dramatiques, une disette à'obstacles de plus en plus sensible. Quels sont ceux qu'avec un peu de bon sens et de bonne volonté on ne parvienne à tourner . ^ Et remar- quez le parallélisme constant : au XVIIP siècle,

  • " L'irréparable ! dit un personnage d'Henri Bernstein, la chose

irréparable ! Je ne sais pas un terme plus horripilant. Il est faux, il s'applique à une action qu'on répare avec une facilité enfantine." {AprhMoi t. i.)

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