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��LA CRISE DE L'ART

DRAMATIQUE '

��On a parlé d'un appauvrissement de la psycho- logie dramatique par la disparition des notions proprement chrétiennes de dogme moral, d'impé- ratif catégorique. C'est à l'évolution de notre culture toute entière qu'il faut s'en prendre. Notre théâtre tragique n'a guère vécu que du désespoir de l'homme écrasé entre des fatalités passionnelles et d'irréductibles obstacles moraux. Déjà chez les Grecs, le plus souvent, cet obstacle constitue la clef même du drame. Que deviendrait Oreste sans l'absolu devoir de venger ; que deviendrait Œdipe s'il était des accommodements avec la souillure du

' Fragment d'une causerie tenue à Strasbourg sous les auspices de la Revue Alsacienne Illustrée. Recherchant les causes de la désaffection que l'élite semble aujourd'hui marquer pour le théâtre, l'auteur citait d'abord une cause économique, le renchérissement du plaisir théâtral, qui a modifié le recrutement du public et changé la nature de ses exigences. Il parlait ensuite d'une hostilité contre l'art dramatique en lui-même, le public raffiné tendant de plus en plus à considérer la lecture comme un plaisir plus délicat, plus parfait que le spectacle. Il insistait enfin sur le grief de pauvreté psychologique élevé avec tant d'amertume contre nos pièces contemporaines et il en cherchait les causes.

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