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lO LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

me! — Cela ne suffit pas encore. Il invente "la fille malade des fièvres, " portant dans son sein le linceul du Christ. Et ce linceul sacré il l'étalé sur le théâtre ; on y compte à la trace chaque blessure du fils de Dieu. Le sang, les plaies et la sanie, voilà le thème principal que se complait à déve- lopper le poète, en mots parfois beaux, mais impurs... Passons.

Le 3 acte, — comment le supporter ^ Le per- sonnage de S* Sébastien s'y précise. — J'ignore de quelle tradition s'autorise M. Gabriele d'Annunzio, mais il n'apparait pas d'après la Légende Dorée que l'empereur Dioclétien ait eu pour son chef de cohorte plus que l'affection due à un très loyal serviteur. " Ingrat, dit-il ; je t'ai appelé dans mon palais et toi tu as travaillé contre moi et les Dieux. " Et Sébastien : " Pour toi et pour l'Etat Romain, j'ai toujours prié Dieu qui est dans le Ciel. " Alors il le fit attacher à un poteau au milieu du champ de Mars, etc. " Mais cela eût été trop simple.

Selon le poète italo-français, Sébastien est beau, et non de cette beauté spirituelle, qui transfigure la forme, qui en éloigne toute velléité impure de désir. Sébastien est beau, païennement ; païennement, l'empereur l'aime. Il veut le sauver par amour ; il veut que le peuple l'acclame :

... Que les Dieux justes conservent ta beauté pour r empereur, Sébastien.,.,

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