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150 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

��Dans le Mercure de France (i" juin) M. Henry-D. Davray traduit une étude d'Archibald Henderson sur Bernard Shaw intime. Défendant Bernard Shaw contre l'ordinaire accusation de bouffonnerie et de sécheresse de cœur, Archibald Hender- son rapporte ce propos de William Archer : " Je soupçonne Bernard Shaw d'être, instinctivement, un insigne sentimental chez qui l'horreur de' la sentimentalité ressemble à l'horreur que professe le dipsomane pour la moindre goutte d'alcool qu'il sait devoir rendre sa soif inextingible " ; et le mot d'un écrivain : " Je crois très sincèrement que M. Shaw doit passer sa vie à trembler que le public ne découvre son secret, à savoir : qu'il possède un grand cœur"... Quoiqu'il en soit, on ne peut lire sans émotion certaines phrases de Bernard Shaw transcrites par M. Henderson, celle-ci par exemple : " Ecoutez, la sincérité d'un sentiment est la chose la plus difficile du monde à reconnaître " ; et cette autre : " ^e veux cire totale- ment usé quand je mourrai, car plus je travaille, plus je vis. La vie, je l'aime pour elle-même. C'est comme une torche mer- veilleuse que je détiens en ce moment ; je veux la faire flamber aussi clair que possible avant de la transmettre aux générations futures. "

Dans le même N', un remarquable poème d'Albert Fleury, Au Carrefour de la Douleur, et la fin du roman de Louis Dumur, \ Ecole du Dimanche.

��Une grande étude sur l'art de Henry James ouvre le dernier numéro de la Revue germanique. Voici comment y est située l'œuvre d'imagination du philosophe anglais :

" Resterait à situer James parmi les maîtres du roman anglais. Si notre analyse est fidèle, sa position, parmi eux apparaît unique. James dédaigne le pathétique et le comique de surface qu'exploite le génie plus humain d'un Thackeray et d'un Dickens. Il n'oriente pas, comme Eliot, le roman vers

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