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NOTES 149

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��Il faut revenir sur l'enquête que l'Effort consacre à l'Irré- dentisme français. D'intéressantes réponses sont parvenues de Grèce, d'Abyssinie, montrant avec précision où en est, dans ces pays, le rôle de la langue française. Mais il faut lire surtout les lettres de M. Meier-Graefe pour l'Allemagne, et de C. L. Free- man pour Oxford.

" L'Allemagne moderne, dit M. Meier-Graefe, accepte tout, grâce à une excellente organisation qui est faite pour cela ; elle est extrêmement cosmopolite, dans le sens du cosmopolitisme d'un grand bazar. Mais elle accepte sans absorber. Si vous me demandiez s'il y a, en dehors des choses qu'on peut faire venir par le chemin de fer, une relation intime avec l'esprit français, s'il y a aujourd'hui chez nous une suite à ce beau mouvement commencé par Frédéric-le-Grand, suivi par nos grands poètes et nos grands artistes, par nos savants, par tous les gens d'es- prit et la société entière pendant la première moitié du dix- neuvième siècle, je devrais répondre non. Ce mouvement n'existe pas, malgré tous les s)'mptômes qui paraissent le garantir. Il y a les dehors d'un mouvement, mais c'est un geste qui ne correspond plus à un sentiment. Il n'y a plus chez nous cette liberté d'esprit qui était le meilleur don de l'influence française, cette générosité universelle qui était grande dans un milieu bien modeste, ce sens révolutionnaire qui, tout en prenant des formes paisibles, savait montrer la puissance de l'esprit."

L'étude de C. L. Freeman ne saurait se résumer. Elle apporte les renseignements les plus précieux sur les livres français qui figurent dans les bibliothèques d'Oxford, sur les fréquences des prêts, sur les libraires, les traductions, les représentations dramatiques. Ce n'est qu'avec des chiffres minutieux, relevés dans tous les pays, que nous pouvons espé- rer établir un bilan qui ne soit point de fantaisie et de bavar- dage.

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