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NOTES 147

��REVUES

Sur la question du latin et les disputes qui se font autour de la Sorbonne, Yves Scantrel (Suarès) écrit dans la Grande Revue :

"...Le latin porte la raison de France : ilfait raisonner juste, parce qu'il fait vivre les termes du raisonnement.

Qu'il fasse parler purement, c'est le plus évident de ses crimes : car pourquoi parler purement ? pourquoi écrire avec génie ou avec grâce ? Est-ce que le génie, le style, la beauté du discours s'enseignent en deux ans comme la table de Pythagore ? Ce qu'on ne peut partager à tous, il faut le détruire.

Pas un grand écrivain de France, pas un homme d'ordre, qui n'ait eu plus ou moins la culture latine. Il en est de ces éléments, comme du lait sucé à même la nourrice : ils s'incor- porent à l'enfant ; ils le fortifient ; on ne le discerne plus. Les langues barbares feront des barbares en français. Le latin seul fait des Français en France...

Le français sans le latin est ime langue de hasard, comme les autres, abandonnée à la charité publique. Dans le latin, le français est noble ; il vit selon son rang, qui est le plu? élevé ; il a ses titres de famille et d'héritier, sa maison, son foyer millénaire, son père et sa mère authentiques : enfin, il est né...

Le bienfait du latin est qu'il passe dans les habitudes spiri- tuelles du Français qui ne le sait plus. Tout est dans la manière, et comment on se sert du peu qu'on a. C'est justement en quoi consiste la police d'une nation, sa civilité à tous les moments de la vie. Latin, discipUne à former l'honnête homme qu'est le Français parlant bien sa langue...

La latin, encore un coup, détient tous les titres de noblesse du français. La culture sans latin est une culture de parvenus. Ils s'établissent dans les pensées et dans la langue, comme des émigrants sur les steppes des pays sans histoire.

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