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��NOTES 129

aligner négligemment tant de citations et d'analyses d'une longueur impitoyable, comme si elles devaient ajouter à la lecture des textes ? Et s'il n'est point inutile de connaître le pays des Dithmarses, ces terres grasses où le poète voyait fleu- rir les colzas sous un ciel doux et profond, dans le voisinage d'une mer violente et monotone, pourquoi consacrer à son étude dix-sept pages d'une impression serrée ? Taine eût-il approuvé qu'on remontât à l'an 800, qu'on citât Saxo Gram- maticus et qu'on analysât en détail la constitution de 1447 pour caractériser Hebbel ?

On eût voulu une synthèse plus vigoureuse, un plus grand souci de ce style qui n'est pas seulement négatif, qui ne se contente pas de choisir et d'éliminer, mais qui, né d'une force intérieure, fait saillir les traits essentiels. Le poète du pantra- gisme méritait d'être traité avec moins de froideur.

F. Bertaux.

��DEUX REPRISES AU THEATRE FRANÇAIS (LE DEMI-MONDE et LE ROI S'AMUSE).

Il est entendu que le théâtre de Dumas fils a vieilli et que les plus illustres pièces en sont aujourd'hui à peine suppor- tables à la scène. Ce ne sont pas tant les procédés esthétiques qui nous paraissent surannés que les sujets mêmes. Cinquante ans seulement nous séparent du Demi-Monde et les mœurs y semblent dater de deux siècles. On dirait que l'auteur s'est appliqué à ne pas pénétrer au-delà de cette morale mondaine qui règle les convenances sociales, mais qui ne concerne en rien la vie profonde. Savoir si un honnête homme peut, sans l'avertir, en laisser un autre épouser une femme qui a un passé, un tel problème, posé de façon générale, ne nous inté- resse pas. C'est une question de personnes. La discussion de Dumas fils a vieilli jusque dans les mots et c'est la flétrissure irréparable. Tant que les mots restent intacts, on peut, par un effort d'imagination, revivre un problème suranné ; mais que faire lorsque "honneur", "mariage", "décence", " hon-

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