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M. D’ANNUNZIO ET L’ART


A PROPOS DU MARTYRE DE St. SÉBASTIEN


Nous n’avons pas le droit, en principe, de dédaigner l’hommage retentissant qu’a voulu rendre à notre langue un auteur de renom aussi considérable que M. Gabriele d’Annunzio : la France, par tradition, se fait une joie d’accueillir tout apport neuf, et d’où qu’il vienne. — Il ne convient pas néanmoins d’en remercier le poète par un trop aveugle applaudissement ; il s’indignerait le premier de notre indulgence. Quinze ans après la Ville Morte, c’est de plain-pied, avec faste, avec bruit, qu’il rentre dans la littérature française. Fort crânement, il réclame pour son ouvrage la double épreuve de la scène et du livre. Il prétend que nous le jugions en fonction de sa gloire acquise, grand poète toujours, pour une fois français.

Superbe spectacle d’orgueil, lorsque du moins l’œuvre le justifie ! Non certes, nous ne manquerons pas cette extraordinaire occasion d’atteindre enfin, sans l’aide d’aucun truchement, et pour ainsi dire en prise directe, l’art d’un écrivain étranger. Notre examen, moins inquiet d’une pos-