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NOTES ' 889

��EXPOSITION INGRES, (Galerie Georges Petit)

Si un tremblement de terre anéantissait l'œuvre de J. D. Ingres et que du seul Maréchal de Berwick recevant du Roi Philippe V d'Espagne la Toison d'or la partie inférieure de la toile seule fut sauvée, il en resterait assez encore pour classer le peintre a côté des plus grands.

Si un métier accompli, comme le fut celui de tous les maîtres, si un sentiment rare de la couleur, un dessin prestigieux et un goiit exquis, relevé de quelque bizarrerie, comptent parmi les dons d'un grand peintre, M. Ingres mérite certainement ce nom.

Regardez le Maréchal de Berwick, regardez avec soin cet ouvrage daté de Rome, 1818. Rappelez-vous ce que l'on peignait à cette époque, l'atmosphère que les élèves delà Villa Médicis devaient respirer, et vous serez confondu : Les recherches d'harmonie les plus subtiles et les plus rares sont là, comme dans une miniature persane. Voici un "arrangement en rouge " comme aurait dit Whistler ; plus : une symphonie et combien richement, délicatement orchestrée, avec des échos inattendus d'un vermillion qui se répercute en un rose pâle, des corres- pondances savantes, des basses profondes que dominent des notes aiguës de tons purs. Je connais peu de tableaux qui sur- passent celui-ci à le considérer attentivement, pour les dons qui s'y lisent.

L'œuvre de J. D. Ingres est d'une telle variété, que l'on en est, d'abord, assez déconcerté. On nous enseigne à ne le tenir que pour un dessinateur ; mais il est, tout autant, un peintre, un exécutant sans pareil, enivré, comme un Goya, de la joie de peindre. Une fois que vous vous serez avisé de cela, ce sera comme un voile qui tomberait et vous serez en présence d'un Artiste nouveau, qu'il vous semblera que vous n'ayez jamais compris auparavant.

Il fallait, du centre de la Galerie Georges Petit, porter le regard tour à tour sur chacun des panneaux, comparer la

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