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870 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Ses parents viennent de l'unir à un autre ; à quelqu'un qui, je l'espère, cultivera son esprit, respectera son inno- cence, et se montrera digne de son affection.

Croyez-moi, mon cher père, votre fils toujours aimant, Edward Talboys.

Le révérend William Talboys à M. Edward Tolboys.

Mon cher Edward

Ni les plus avisés et les plus prudents de nos amis, ni nous-mêmes, ne pouvons disposer les choses en vue de notre bonheur. Je n'aurais pas été d'un grand poids dans la tourmente des passions ; aussi ai-je renoncé à m'y plonger. Si même je viens de me risquer à te dire cela, c'est plutôt pour t'engager à te résigner à ta perte que pour censurer l'imprudence de ton choix. Il peut avoir été excellent sous plusieurs rapports ; mais les parents de la jeune fille, mon Edward, devaient-ils te paraître dignes de devenir nos alliés? N'étaient-ils pas plutôt capables d'amener le chagrin et peut-être le déshonneur chez toi ? Et de ré-apparaître plus tard dans ta descendance ? Mon opinion, basée sur une observation attentive, est que les mauvais penchants se transmettent chez les hommes comme chez les chevaux. Je le constate chez les fermiers de notre paroisse ; je le vois chez les bourgeois que nous fréquentons. La discipline peut beaucoup, mais les che- vaux n'ont pas toujours le mors dans la bouche, et les hommes non plus.

La mort même, pour qui réfléchit, est chose moins sérieuse que le mariage. On abat le vieil arbre afin de

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