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HAUTES ET BASSES CLASSES EN ITALIE 865

venons, et il m'invita à dîner. Quand il revint, il mit dans ma main un billet me permettant de rester en Tos- cane jusqu'à nouvel ordre.

— Monsieur, lui dis-je, jamais je ne me plierai aux caprices de ces esclaves insolents et vénaux !

— La vénalité, dit-il, la vénalité, M. Talboys, qui en Angleterre serait considérée comme le crime le plus odieux, est ici la seule chose qui puisse rendre la vie supportable au plus honnête homme. Si ces hommes corrompus avaient un vice de moins, nous ne pourrions plus vivre parmi eux. Ne quittez pas un climat délicieux, des paysages charmants, et tout ce qu'il y a de plus exquis dans la nature et dans les arts simplement parce qu'il est au pouvoir d'hommes inférieurs de vous inquié- ter. Des hommes supérieurs ne pourraient pas le faire : les qualités de leur coeur les en empêcheraient. Je vous ai entendu dire que vous étiez sportsman : eh bien, vous abstenez-vous de chasser parce qu'il y a des épines et des ronces ? de poursuivre le gibier parce qu'il y a de hautes barrières et des fossés profonds ? Ne trouve-t-on pas des serpents dans la plus verte prairie ? Et faudrait-il nous priver de notre fromage de Stilton parce que les souris l'ont pu grignoter ? Ne vous tourmentez pas, et S.... et O.... feront en sorte que vous ne soyez pas tourmenté."

Maintenant que je t'ai rapporté toute cette conversa- tion, je retombe en moi-même. Que penser ? que faire ? Serena, si innocente, n'a jamais pu me trahir et ne pourra jamais m'abandonner. La duplicité de sa mère, la cruauté de son oncle, la nullité de son père, me sont trop bien connues. Et faut-il qu'elle vive parmi eux ? Cette pensée me torture. Je ne sais pas plus ce qu'ils font que ce qu'ils

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