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846 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Le Fattore Rapi à la Signora Teresa Lauretta Bruchi.

Signora

Cette bête, mon demi-frère, a fait encore une grande bêtise. Il vous a laissée disposer de la main, ainsi qu'il nomme cela, de la Serena. Je n'approuve pas cela, et je n'y consentirai pas. Car, si elle ne se marie pas dans une maison où il y ait de l'argent dans la commode, comment pourrai-je jamais ravoir les cent douze scudi que vous me devez ?

De plus, qu'avez-vous fait de vos sentiments maternels? Allez-vous marier cette enfant avec le Diable ? Si le sposo était chrétien, ce serait au moins quelque chose. Un voleur peut détrousser le monde à la porte même du Paradis, et y entrer quand même ; un assassin peut poignarder quelqu'un sous la croix, et embrasser la croix ensuite. Mais l'homme qui n'est pas chrétien, que fera-t- il ? Qui, des Saints ou des Saintes, l'écoutera ? Il faudra qu'il s'esquive sous les pincements et les coups de pied des justes, jusqu'à ce que le Diable le réclame pour sa part.

Certainement, cela ne regarde pas la Serena. Mais supposez qu'il l'ensorcelle ? Quoi ? Cela la regarde, il me semble.

Entendez-moi bien. Je veux que la gamine vienne ici, chez moi. Elle pourra coucher avec la vieille Domenica, qui ne dort que d'un oeil quand il y a de la jeunesse dans la maison. J'ai envoyé Geppone et la charrette.

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