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INGRES 837

opposées, il est unique, il va seul et pur, il passe par tous les points et les justifie en les touchant. Il n'existe qu'entier, il est clos, il est à lui-même revenu, et tous les détours de son trajet il les tient à la fois en lui sans effort réunis. Sa présence est toute l'explication qu'il donne. — En effet ce n'est pas avec une lente patience et place par place qu'Ingres fixe le mouvement des corps et de l'objet qu'il peint ; mais avec une décision passion- née et par une élection sublime, il le remplace d'un seul coup. Tout de suite il aperçoit la forme qui tient lieu de toutes les autres ; elle est étrange, il est difficile d'en rendre compte. Mais qu'y faire ? Elle est juste. Il trouve du modèle, que son ani- mation rend divers et composé, la soudaine, la délicieuse simplicité. Il la trouve au delà de ce qu'il voit, il la démêle en lui-même avec volupté. Et son trait chante son plaisir : il monte, il se déroule d'un seul jet, il empêche en se jouant tout autre d'être possible, il s'élance comme un doux cri parfait. Il est complet et radieux comme Vénus Anadyomène ; il est posé sur la mer et il se tient, respirant à peine, joyeux de se sentir nu et de partout tendrement égal au bonheur.

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��L'exquise gravité alanguie du portrait de M™* Panckoucke, cette grâce finie..., on dirait une source appuyée à tous les bords de sa vasque.

Jacques Rivière

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