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804 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Sparte une chute le faillit même noyer dans un fossé marécageux. Le ruisseau de la rue du Bac était moins périlleux. Donc Chateaubriand s'avisa de s'en aller chez l'un, chez l'autre des académi- ciens, au trot de son cheval. Et l'on prétend que pour certains il ne fit que tendre sa carte au portier, accouru, sans daigner descendre. D'un geste il classait amis et ennemis. Il eut toujours une allure d'élégante impertinence qui le faisait haïr ou adorer. Souffrir de l'indiiférence plus que de toute autre chose est le propre de l'homme passionné, et volontairement celui-ci attire sur soi, fût-ce à son détriment, les élans d'autrui.

Si l'on dresse la liste des visités, membres de la seconde classe de l'Institut, on s'apercevra qu'elle n'est p>oint si décevante, et je me demande, au cas où l'on fêterait le centenaire des élections acadé- miques de Février 191 1, et qu'un dénombrement analogue des électeurs fût alors établi, s'il y aurait beaucoup plus de noms résistant encore à l'oubli. Il y avait tout de même Bernardin de Saint-Pierre, et Delille, et Ducis, et Parny, auxquels il faut bien reconnaître un talent d'époque, ainsi qu'à Volney et à Boufflers ; il y avait aussi Népomucène Lemercier, dramaturge habile, Legouvé, Andrieux, dont quelques vers subsistent dans les vieilles anthologies... Je ne parle que des stricts littéra- teurs. Chateaubriand leur demandait, et aussi aux politiques, Cambacérès, Sieyès, Portalis, Daru,

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