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��CHATEAUBRIAND ET

L'ACADÉMIE EN 1811

Je préviens tout de suite qu'il ne sera exhibé dans ces propos littéraires sur Chateaubriand et l'Académie Française en 1 8 1 1 aucun document inédit. Ce n'est point sans doute faire leur éloge auprès de certaines gens qui traitent l'érudition en comptabilité avec les deux colonnes : ce qui a été déjà publié, ce qui ne l'a pas encore été, et qui n'accordent leur attention qu'au recensement. Ces esprits-là méconnaissent l'oubli qui transporte in- cessamment les faits de la première colonne dans la seconde, ce qui est le jeu de la vie même. Ils empaillent la littérature — pour la mieux con- naître, prétendent-ils. Ils rappellent ce général d'Anatole France si fier d'avoir toujours son corps d'armée sous les yeux — dans une boîte de fiches. Tous les herbiers du monde ne valent pas, pour un être vivant, le moindre brin d'herbe qui pousse... et la vie littéraire est chose d'âme assez subtile et mystérieuse pour qu'elle soit rebelle à toute classification historique et scientifi- que. Il n'y a mort que par l'oubli, et tout geste de vie se dénonce par sa lutte contre l'oubli, ou contre l'indifférence qui est la manifestation de

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