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NOTES 7^5

injurieusement méconnu Nisard, avant que Pierre Lasserre élevât sa retentissante parole. Boileau, pour moi, sera toujours le maître-clerc modèle, l'idole des magistrats lettrés, un légiste inattaquable, mais de qui les victimes tout de même intéressent, et secrètement je continue de croire ceux qui me disent avec de grands gestes : " Ah ! l'époque de Louis XIII, quels trésors, que de forces variées, quelle verve, combien de regrets ! " Je les crois, je n'y vais pas voir. Mais soyons franc, vous non plus, Jean-Marc Bernard, vous ne me ferez pas relire le Lutrin (dont mon ami Stanislas de Guaita s'enchantait avec de grands rires, quand nous avions vingt ans et que je protes- tais.) Je vous serre la main.

Barres.

" J'honore dans Boileau, comme dans le grand Bossuet lui- même, un de nos écrivains canoniques, je veux dire un de ceux qui ont rédigé et mis en lumière les lois et les formes essen- tielles de notre expression. Le vers pour lui n'est pas, comme pour les romantiques, un instrument de vanité personnelle et de parade, mais le moyen d'ôter à la parole la possibilité d'être autre : la forme stricte de l'alexandrin lui confère les caractères de la nécessité et de l'évidence. Que l'on compare ces lignes indestructibles aux vers de Hugo dont l'auteur bouche mal les interstices avec tout ce qui lui tombe sous la main de bien voyant, épithètes, adverbes, noms propres, incidentes, exclamations, répétitions, etc. — comme ces paniers d'œufs que l'on cale avec des chiffons et des vieux journaux !

Paul Claudel.

Dans les Tablettes (12 mars) détachons parmi les Pensées pour les Poètes de Francis Jammes :

" J'aime le vin, le gibier, les coquillages, les fruits. Une des raisons pour lesquelles il m'eût déplu d'habiter Paris est celle-ci : que l'on y cause trop à table. On n'a pas le temps

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