Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


734 ^A. NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Madame de Chatel. — Comme on doit être heu- reux, ici !

L'Abbé Pastorelli. — Ah ! madame, c'est l'expres- sion même dont je me suis servi, le cri qui m'échappa lorsque, voici de cela six ans, j'entrai pour la première fois sur cette place, dont rien n'a bougé, du moins parmi les choses... Depuis, j'ai changé un peu ma formule.

Madame de Chatel. — Et que dites-vous donc, maintenant ?

L'Abbé Pastorelli, mélancolique. — Comme on de- vrait être heureux ici !

Madame de Chatel. — Comment ! ça ne va pas ? vos paroissiens ?...

L'Abbé Pastorelli. — Voulez-vous que nous n'en parlions pas aujourd'hui ? C'est un jour d'oubli, un jour de fête.

Monsieur de Chatel. — Volontiers, monsieur l'abbé. Nous vous comprenons.

L'Abbé Pastorelli. — Si vous saviez quel plaisir c'est pour moi de pouvoir dire un peu autre chose que... au fait que quoi ?... et à qui ?... je me le demande. Pendant des mois entiers, il m'arrive de n'avoir d'autre interlocu- teur que moi-même et, vous savez, je me connais, je commence à être blasé sur tout ce que je puis me dire... Mais, je vous en prie, pénétrez dans ma pauvre demeure.

// introduit les visiteurs. Après une petite antichambre aux murs de laquelle pendent^ alternant avec des horaires d^ offices et des images de piété, des panoplies composées de vieux couteaux, de fusils de Vancien

�� �