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73° LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Monsieur Truc. — Il ne faudrait pas que tu m'excites plus longtemps.

Monsieur Bœuf. — Espèce de lâche !

Monsieur Truc, changeant de ton. — Ah ! ça, mon cher collègue, c'est trop dur... Non, vraiment, tu me fais beaucoup de peine... beaucoup de peine !... Qu'on veuille se manger le foie, ça va bien, c'est des blagues de jeunesse. Mais que tu me traites de lâche, moi, un vieux camarade... ça dépasse les bornes... Tu ne le penses pas, ce que tu dis là... dis, tu ne le penses pas ?...

Monsieur Bœuf, confus. — Eh ! non... C'est un mot de plaisanterie... Tu prends la mouche, tu te fâches pour un rien...

Monsieur Truc, avec un reste de susceptibilité. — Tu ne le penses pas ?...

Monsieur Bœuf, solennel. — Non, j'étais excité. Jamais, je ne penserais une chose pareille. On est collègue, nous deux.

Monsieur Truc. — Sûr, on est collègues... On n'irait pas se fâcher pour des choses de conversation. C'est bon pour les imbéciles.

Monsieur Foucart, à Maurice. — Vous voyez ! Rien de grave... Ah ! maintenant un nuage de poudre... C'est fini... Et dites si on peut comparer une séance de coiffure comme celle-là à toutes ces bousculades que vous m'obligiez à faire. Quel malheur ! Vous entriez : " Et vite, vite ! Monsieur Foucart, je n'ai pas deux minutes ". Vous étiez Monsieur Deux-Minutes !... Aussi, hein ! vous n'aviez seulement jamais vu Bistouri. Le Temps ! voilà le secret de la vie. Le Temps ! Et ce qui fait le bonheur de Grasse, c'est qu'on a le temps.

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