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PETITS DIALOGUES GRASSOIS 7*^7

Encore une invention contre nature, une idée de Yankee. Ils s'imaginent qu'ils ont tout fait, parce qu'ils évitent de se blesser. C'est comme si vous prétendiez que pour faire un vrai voyage, il ne faut jamais marcher. M. Dubreuil me le disait bien : " Mon petit, qu'il disait, malgré tes idées suversivesy je t'aime bien, parce que je devine que tout ça ne t'empêchera pas de rester un honnête homme et un coiffeur consciencieux. Tu peux m'en croire : les inventions modernes, ce n'est pas sérieux... Ça n'a pas de passé ni de tradition. Méfie-toi ". Je me suis méfié, et j'ai bien fait. Ainsi, l'antisepsie... quelle blague ! Moi qui vous parle, je me contente de la propreté. Il y a des coiffeurs qui ébouillantent leurs ciseaux pour vous couper ime mèche, mais ils vous soufflent à la figure une haleine d'oignons et de dents gâtées... Là ! vous voyez comme c'a été vite fait. Maintenant, je vais y revenir. Monsieur Bœuf. — Saleté toi-même ! Monsieur Truc. — Tu es saoul, mon pauvre ami ! Monsieur Bœuf. — J'ai moins bu que toi, tout de même et je sais que tu n'as pas tué soixante cailles, l'autre jeudi... j'y étais. Six peut-être, oui. Tu as des zéros dans la cervelle.

Monsieur Truc, hautain. — Ça veut dire, ça ?... Monsieur Bœuf. — Ça veut dire que tu es un menteur.

Monsieur Truc. — Ah ! écoute, mon cher Bœuf, écoute bien ce que je vais te dire, écoute-le bien et surtout retiens-le... je le répète, surtout retiens-le... Tu peux me traiter de tout ce que tu voudras, je me dis : Il est saoul et je ne t'entends seulement pas... Mais, menteur, ça non, je ne peux pas le supporter, à cause de l'auditoire.

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