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PETITS DIALOGUES GRASSOIS 7 '5

Madame RÉvertÉgat. — Il ne faut pas se laisser mourir de faim... Quant au poisson, rien n'est si léger et si nourrissant en même temps. . .

Monsieur de Chatel. — Surtout le poulpe.

Madame RÉvertÉgat, qui ne relève pas Vallmion. — ...et si nourrissant, pour un petit déjeûner bien soigné. A propos, j'ai appris que c'était pour M. le docteur Rouvière, ce repas. Ah ! monsieur de Chatel, ce docteur, quel homme !... Ce qu'il a fait de bien autour de lui !... Si j'avais le temps, je pourrais vous en raconter, jusqu'à midi et demi, des histoires sur lui... {^e frappant le front, tout à coup, d*un air désespéri). Bougre de volaille que je suis! quand je pense que le pauvre aime tellement le lièvre, et que je n'aurais eu qu'un mot à dire à mon neveu, le petit Roustan qui est allé à la chasse avant-hier. Ah 1 volaille, va ! j'oublierais ma chemise sur ma peau, péchère !

La Fille de Madame Vezzian, d^une voix blanche et lente, un ton au-dessous de celui de madame Vexzian elle- même. — Je ne l'ai pas oublié, moi.

Monsieur de Chatel, sursautant. — Allons, bon !

La Fille de Madame Vezzian. — J'apporte le muscat et les petits-fours, et aussi les bananes que vous avez commandées à maman. Seulement, comme j'étais pour monter, je me suis souvenu que le docteur Rou- vière...

Monsieur de Chatel. — ...raffolait du lièvre ?

La Fille de Madame Vezzian. — Oui.

Monsieur de Chatel. — Et tu t'es dit, chère enfant:

  • ' Je vais lui en tuer un dans la rue Droite... ** ?

La Fille de Madame Vezzian, pâle sourire. — Non.

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