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PETITS DIALOGUES GRASSOIS 713

VOUS rapport au petit repas que vous offrez au docteur... Le docteur, vous comprenez, lorsque ma femme s'est pris la cheville sous la presse à copier, — un accident terrible !

— l'a remise complètement sur ses jambes en trois se- maines, sans rien vouloir accepter comme rémunération... Alors, bien entendu, cet homme, le moins que je puisse, c'est de lui faire quelques gracieusetés de temps en temps. Aussi, ce matin, je me suis levé de meilleure heure et j'ai grimpé du côté de Saint-Vallier, avant de commencer ma tournée... Là, j'ai tué un petit lièvre, que je vous ai rapporté. (// sort ^animal en question de sa carnassière.) Le docteur, il adore cette bête. En se pressant un peu, mademoiselle Natatoire aurait peut-être encore le temps, je ne dis pas de la mettre en civet, — il est un peu tard,

— mais tout au moins de la préparer à la chasseur, vous savez. C'est fin, c'est gras, c'est fameux !

Sa langue, ses yeux, les plis de ses rides miment l'extase d'un gourmet plein de lièvre rôti.

Monsieur de Chatel. — Quatre fois du lièvre !

Monsieur Guizol Père. — Eh ! que voulez-vous ? Tout le monde, dans la contrée, connaît les goûts du docteur. Ne dites rien à FanfuUi, ça lui ferait de la peine.

Monsieur de Chatel, résigné. — Je suis enchanté, Fanfulli, de pouvoir, grâce à vous, offrir du lièvre au docteur Rouviére. Je vous revaudrai ça.

// prend Vanimal des mains de Fanfulli et le transmet à Maurice qui va le porter dans quelque garde-manger. La scène se vide. Les voisins rentrent dans leur maison, et lorsque Maurice revient sur la terrasse, il n'y

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