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7o6 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Mais c'est une espèce de friandise nationale. Censément ce serait une feuille de chou roulée comme un cigare. Mais, dedans, on y met tellement de farce que ça se gonfle et que ça devient comme une boule. Les pauvres gens, ils y fourrent du riz, de la mie de pain et des rognures de lard; mais quand on peut y ajouter du hachis de gibier et que ça marine depuis deux heures dans de la sauce au beurre et à l'huile... alors oui, c'est bon !... Les nôtres, aujourd'hui, ils sont faits avec du lièvre... Si vous en vouliez...

Monsieur de Chatel. — Merci mille fois, monsieur Guizol, mais nous avons plus que nous ne pourrons manger en huit jours.

Madame Guizol. — Aussi, vous faites bien les choses!... De ce repas, tout le monde en parle, dans les collines ; et il ne faudrait pas vous étonner si vous rece- viez des propositions.

Monsieur de Chatel. — Des propositions?...

Monsieur Guizol Père. — Oui, des gens qui vous apporteront de bonnes choses.

Monsieur de Chatel. — Mais je n'ai rien demandé à personne.

Monsieur Guizol. — Bien sûr, mais ils viennent quand même. Ils aiment à rendre service.

A ce moment même paraît madame Cresp-Pois-RougCy plus découragée, plus épuisée^ plus lamentable que jamais^ son tablier replié sur des provisions qu^on ne voit pas.

Madame Cresp- Pois-Rouge. — J'ai de belles bern... Monsieur de Chatel. — Je sais, vous avez de belles

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