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��PETITS DIALOGUES GRASSOIS

(fin)

IV

POUR DÉJEUNER

Se nourrir n'est rien. Avec de la patience et de la bonne volonté^ on y arrive partout, même au Pré-du-Lac. Mais donner un déjeuner^ c'est tout autre chose. Depuis huit jourSy M. et madame de Chatel se sont assuré l'acceptation de madame Silvy et du docteur Rouvière qu'ils se font une fête d'avoir à leur table. Depuis huit jours, ils ont pris, auprès de divers fournisseurs, les précautions les plus minutieuses. Chaque détail du service, chaque objet de l'alimentation ont été la ma- tière d'une révision attentive. Les postes, le télégraphe et le téléphone ont joué sans cesse entre /'Ermitage et les divers fournisseurs de la ville. De part et d'autre^ on a échangé les promesses les plus solennelles.

N éanmoins, au dernier moment, M. de Chatel n'est pas encore tout à fait rassuré. M. Gentil, boucher du Bar, est fort exact d'habitude, mais incapable de résister à une œillade de jolie file. Ne suffirait-il pas d'une galante rencontre dans les collines pour qu'il oubliât les cervelles de veau, l'écervelé : ce qui ne serait rien d'ailleurs. Mais comme le service du pain est la plus épineuse de toutes les intendances, ce don Juan a aussi été chargé d'apporter deux miches de renfort. S'il ne vient pas, qui sait quels désastres ! Et s'il prenait au

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