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LETTRES DE CHARLES-LOUIS PHILIPPE 68 1

avait paru le jeudi en librairie. Le samedi matin je reçois une lettre de la petite que j'ai appelée Berthe, m'annonçant qu'elle venait de quitter Bubu et qu'elle travaillait depuis la veille. Je vais à son rendez-vous. Lasse d'être battue, après trois ans de trottoir, ayant souffert de n'être pas née pour ce métier-là, elle avait tout lâché. Je me suis occupé d'elle et j'ai trouvé quelques amis qui ont bien voulu m'aider. Il n'y avait qu'une solution pour elle : quitter Paris parce que Bubu l'aurait tuée si elle n'avait pas voulu recommencer. Nous lui avons payé le voyage de Marseille où elle avait quelqu'un à qui elle tenait un peu. Elle est partie, espérant d'ailleurs trouver du travail. Elle m'écrit souvent. N'a encore rien trouvé, va être obligée de recom- mencer, parle d'aller à Toulon où il y a des officiers de marine qui... Enfin elle est une femme libre, je ne sais pas ce qu'elle fera, mais l'essentiel c'est que Bubu ne la retrouvera pas. J'aurais voulu la faire aller à Bruxelles et demander de lui trouver de l'ouvrage, (elle est fleuriste). Très gentille et douce, extrêmement bien élevée, bons sentiments, et ayant l'envie de rentrer dans la vie commune. Garde ça pour toi : le chapitre de l'église est vrai. Il y avait trois ans qu'elle n'avait pas mis le pied dans une église ; le trottoir la nuit de la mort de son père est vrai aussi. Plus étonnant : le dernier chapitre est vrai. La lettre est vraie !!!... D'ailleurs tout le détail de Berthe et Bubu est

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