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676 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Je ne me croyais pas capable d'un sentiment aussi pur ni aussi complet. J'en déborde et cela me sort du cœur et se répand dans mon sang. Je ne puis pas t'exprimer cela, je ne puis rien exprimer du tout, sinon qu'elle a des yeux candides et que nous nous disons tout, c'est convenu. Oh ! mon vieux frère qu'est-ce que ça va devenir ? Est-ce que cela va devenir quelque chose . Ce serait à désespérer. Il y a des soirs où j'ai peur et des soirs où je res- pire, où j'aspire d'un souffle de poitrine tout ce qu'il y a de bonheur au monde. Je ne sais pas si jamais une femme me comprendra comme celle- là, ni si elle sera comprise comme je la comprends. Je l'ai montrée à des amis qui l'ont trouvée très bien faite pour moi. Je ne sais pas si elle est jolie : je voudrais qu'elle ne le soit pas. Je l'aime pour ses yeux et surtout pour son cœur. Je lui dis : Ma chère petite Marie, elle me répond : Mon petit Philippe chéri. Et nous nous disons tout et il est entendu que nous nous écrirons pour nous confier toutes nos peines. Nous formons des vœux en voyant des étoiles filantes. Que c'est bon ! Si je n'étais pas au bureau, je fondrais en larmes rien qu'en t'écrivant ces choses. Tous les jours nous les avons passés ensemble. Et elle doit être là ce soir à 5 h. 1/2 à la sortie de mon bureau. Mon Dieu ! si elle allait ne pas y être ! Elle était un peu malade tous ces jours-ci et j'ai peur de tout. Ma petite Miette, je ne sais pas si vous croyez

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