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LETTRES DE CHARLES-LOUIS PHILIPPE 67 1

J'attends avec impatience le mois de septembre pour partir en congé. Paris est terrible en été et si à cela on ajoute l'Exposition, il en résulte un état innommable des rues, des restaurants, des hôtels, et de tous les endroits où nous allions vivre notre vie déjà maussade de Parisiens. Je pense avec délices à des petits coins de terre où il n'y aurait personne.

Les jours se suivent comme toujours en m'ap- portant chacun sa peine. Tout cela s'accumule et je me demande si j'aurai la force de le supporter encore longtemps. J'en doute. Même dans les moments les plus noirs de ma vie je n'aurais pas prévu ça. J'ai une peur horrible de la neurasthénie parce que je sais bien que si mes nerfs commen- cent à fléchir je ne pourrai plus jamais les remon- ter. Aussi comme je me tiens raide. C'est même assez drôle de me voir dans la rue où je ne perds pas un pouce de ma taille et où je marche d'un bloc.

Je compose mon prochain roman qui se passera dans mon pays et sera sur la pauvreté. Le person- nage principal sera un vieil ouvrier ne pouvant plus travailler et qui deviendra de plus en plus malheureux. J'aurai à côté de lui un cher petit personnage que je soignerai. Mais je n'ai pas l'es- prit à te raconter toutes ces choses.

Ecris-moi tout de suite quand tu seras à la campagne, et ne t'épargne pas. J'aurai sans doute

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