Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


636 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

discutables de la diction lyrique ! Im-pé-riale pour im-pé-ri- ale; ma-lé-dic-tion pour ma-lé-dic-ti-on (page 128) : 0-rient pour o-ri-ent (page 129) : quo-ti-dienne pour quo-ti-di-enne (page 130) etc. La prosodie française suppose une stylisation syllabique dont il importe de tenir compte, même et surtout dans l'innovation. Comment M. de Souza, qui le sait, a-t-il laissé se glisser de telles erreurs de scansion dans des exem- ples si justement, si subtilement scandés par ailleurs ? S'est-il hypnotisé, lui aussi, sur un point ? Y a-t-il des moments où lui non plus ne sait pas lire ?

Nous ne le suivons pas aujourd'hui dans son assaut contre la " strophe analytique " de M. Vielé-Griffin et de M. Ghéon. — En ce qui concerne la rime, s'il lui dénie toute valeur rythmique, il la reconnaît cependant capable de " renforcer le rythme " et de le "distinguer"'; on ne saurait demander plus : c'est la loi sonore de tout vers français, jusqu'à nouvel ordre. — Signalons pour finir l'ingénieuse classification parée de noms un peu barbares sous laquelle M. de Souza range les diverses modalités possibles du rythme en français: 1) prose rythmée (Renard, Chateaubriand), 2) Verset {Cla.udé[), 3) laisse rythmique (Gide : Nourritures Terrestres), 4) mètre libre (Stuart Merrill), 5) rythme strophique et 6) strophe métrique (Vielé-Griffin,Van Lerberghe, Ghéon)— " progression continue des divers états conscients auxquels se prête le dynamisme du langage sous l'impulsion poétique." C'est fort bien. Mais avant de consulter cette liste où nul mode n'est oublié, nous conseillerons au jeune poète d'écouter d'abord son instinct et d'en prendre bien conscience.

��Dans la Grande Revue, sous la plume de Suarès : " Dostoïevski est malheureux dans toutes ses affections. Je m'étonne de lui trouver moins d'orgueil que d'amour propre. Tout l'orgueil est pour sa nation. Quant à l'amour- propre, il n'est point en lui de vanité, ni le signe qu'il se préfère à autrui ; mais, comme il ne connaît point le contente-

�� �