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traduction par cette phrase : " Tchékov s'apitoie sur les victimes de la vie ; mais sa pitié n'est pas un sentiment de parade, elle ne s'étale point, elle est discrète et intime, d'au- tant plus intense et profonde ; elle n'a rien de la pitié criarde, torturée et torturante d'un Dostoiewski." Une telle apprécia- tion devrait suffire à faire jeter le li\Te au panier. Pourtant l'auteur n'étant pas responsable des opinions du traducteur on s'impose la patience de lire. On n'est guère récompensé : ce ne sont que personnages déjà connus sans qu'on sache trop dire où on les a vus ; ratés bavards et sans caractère, nerveux, colériques, à demi fous ; femmes hystériques, ra- geuses, qui veulent et qui ne veulent pas. Tout un monde qui ergote inlassablement. Il faut encore différer un jugement sur Tchékov. Le cas que font de lui, non seulement en Russie, mais ailleurs, des hommes dans le goût de qui nous pouvons avoir confiance, doit nous tenir en garde contre un imprudent dédain. Attendons que de nouvelles oeuvres soient traduites où nous sachions découvrir mieux qu'un Tourguenief décoloré. J. S.

��Sous le modeste titre : QUERELLE DE MOTS, M. P.-J. Toulet fait paraître dans les Marges ces sagaces réflexions :

L'excellente société Shakspeare tend, comme on sait, à vul- gariser chez nous ce poète aussi étrange que grand, et que le public français trouve peut-être encore plus étranger qu'étran- ge ; car, malgré Voltaire et malgré Ducis, malgré toute l'ennuyeuse pompe d'Hugo, on peut dire que l'auteur de Macbeth n'a pas encore reçu ses lettres de grande naturalisa- tion.

Cette société, donc, que préside M. Camille de Sainte-Croix, a donné une traduction de Taming of the shrew, que, ne l'ayant ni vue, ni lue, il serait excessif de critiquer dans le détail. Le malheur est que, rien qu'au titre, elle est un peu inquiétante.

Ce titre est traduit ordinairement, — et excellemment, comme Shakspeare l'a été plus d'une fois en France, — par ;

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