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6 14 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

comme purent le faire ses doutes et ses angoisses. C'est quand il est le moins près de Dieu que M. André Lafon trouve les accents les plus forts et les plus beaux. Il y a dans la Maison pauvre des poèmes d'une grande émotion et qui atteignent une vraie hauteur poétique, je dirais même une vraie grandeur, témoin celui où se réveille "l'ancien et terrible délire."

Le vieux désir est revenu, brûlant les routes, Comme un maître farouche et qu'on pensait lointain, Et voici sur la porte close ses deux poings, Et, mourante d'effroi, la servante aux écoutes.

Qu'il entre, et s' étonnant d'avoir trop attendu. Emplisse de sa voix puissante la demeure, Et reprenne sa place au foyer où s' apeuré Le chien maigre à ses pieds bassement étendu.

Les serviteurs muets sous le joug détestable. Sans se voir, rudement et de nouveau ployés, Furtijs, apprêteront le vin noir et la table...

��Eloignez-vous, Seigneur, d'une âme misérable Qui ne répondrait pas ce soir si vous frappiez

��J. S.

��LE MASQUE DE FER, par Sébastien-Charles Leconte (Mercure de France).

M. Sébastien-Charles Leconte a de l'intelligence, de la culture, de l'éloquence ; il est accessible à l'émotion que dégagent un problème social ou une idée philosophique et il dispose, pour l'exprimer, d'un assez somptueux vocabulaire. Avec de beaux sujets, avec du souffle et une imagination vigoureuse, M. Sébastien-Charles Leconte n'atteint cependant pas à cette personnalité de l'expression qui fait qu'un poète rencontre d'abord de la résistance, puis qu'il devient indis-

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