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590 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

reusement ce que je te raconte. Lorsque la société pervertit certaines âmes, on sent qu'on est en présence d'un crime. Je trouve cela bien plus ter- tible que l'assassinat d'une impératrice d'Autriche.

��4 décembre 1898

...Pourtant ma vie n'a pas beaucoup changé, mes idées sont bien les mêmes, et mes ennuis aussi. Il y a en plus pourtant que ma petite Maria est encore à l'hôpital et qu'elle me donne des émotions joyeuses et tristes. La vie de ces pauvres petites filles est une succession de rires et de pleurs. Ça se passe dans la rue à rire, dans des chambres de jeune homme à faire l'amour, ça se continue à l'hôpital et ça finit souvent au coin d'une rue, un soir d'hiver, à offrir des bouquets fanés. C'est bien triste.

Je suis allé la voir ce soir à son hôpital où elle était charmante avec sa coiffe blanche sur ses che- veux bien noirs. Elle ressemblait à bien des rêves que j'ai eus d'une petite ménagère en bonnet que je verrais, les manches retroussées, en train de faire des confitures. Elle me montrait un bas de pantalon qu'elle avait fait, elle me parlait de son

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