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ISABELLE 53

m'importuner, détournait les yeux et feignait d'être plongé dans sa lecture.)

Il s'occupa tout aussitôt de mettre à ma facile disposi- tion les livres et les manuscrits qui pouvaient m'instruire; la plupart se trouvaient serrés dans le cartonnier de la petite pièce ; leur nombre et leur importance dépassait tout ce que m'avait annoncé Monsieur Desnos ; il m'allait falloir au moins une semaine pour relever les précieuses indications que j'y trouverais. Enfin il ouvrit, à côté du cartonnier, une très petite armoire et en sortit la fameuse Bible de Bossuet, sur laquelle l'Aigle de Meaux avait inscrit, en regard des versets pris pour textes, les dates des sermons qu'ils avaient inspirés. Je m'étonnai qu'Albert Desnos n'eut pas tiré parti de ces indications dans ses travaux ; mais ce livre n'était tombé que depuis peu entre les mains de M. Floche.

— J'ai bien entrepris, continua-t-il, un mémoire à son sujet ; et je me félicite aujourd'hui de n'en avoir encore donné connaissance à personne, puisqu'il pourra servir à votre thèse en toute nouveauté !

Je me défendis de nouveau :

— Tout le mérite de ma thèse, c'est à votre obligeance que je la devrai. Au moins en accepterez-vous la dédi- cace, Monsieur Floche, comme une faible marque de ma reconnaissance ?

Il sourit un peu tristement :

— Quand on est si près de quitter la terre, on sourit volontiers à tout ce qui promet quelque survie.

Je crus malséant de surenchérir à mon tour.

— A présent, reprit-il, vous allez prendre possession de la bibliothèque, et vous ne vous souviendrez de ma

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