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57^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

un sujet ; mais voilà qui jette un jour nouveau sur ce drame ; après la représentation, on pouvait se demander à quoi servaient, par exemple, ces longs marivaudages du premier acte — et d'autre part, pourquoi l'auteur avait glissé sur le seul con- flit qui présentât quelque tragique : l'hésitation d'Irène entre les deux hommes. C'est que l'auteur tenait à remplir trois actes sans sortir du " sujet "...

Il s'est trouvé une fois en présence d'une don- née qui avait " sa grandeur et sa nouveauté " ^ ; c'est Israël. Nous y assistons à la fuite de l'auteur devant sa propre création : à chaque situation offrant quelque richesse, il se dérobe et ne re- paraît qu'au moment où tout est déblayé jus- qu'à une invraisemblable simplicité. Seule la scène l'intéresse, où les personnages vont pouvoir "s'em- poigner " à l'aise (ce sera la plus longue, et il faut bien dire que sa violence gratuite, si elle ne nous étreint pas brusquement d'une inquiétude physique, glisse sur notre sensibilité). Mais la diffi- culté le rebute à vrai dire ; et il se tient prêt à rancher, plutôt que de voir s'embrouiller ses fils.

Chacune de ses pièces semble un fait-divers qu a gonflé. Elles sont conçues pour être écrites en un acte. Jamais, à les relire, l'effet ne va s'accen- tuant, l'émotion se creusant ; la représentation, la

> Ce sont les propres termes dont M. Bernstein s'est servi pour q ualiHer le " sujet " à' Après Moi.

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