Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


SSO LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

te morfondais au coin du feu ; tu ne te reconnaissais plus. Tes forces, peu à peu, s'en étaient allées. Puis tu avais dû cesser de t'occuper de la maison de Dieu. Tu ne marchais plus qu'avec de grandes difficultés. Mais tu pouvais encore aller à la messe, le Dimanche, jusqu'au jour où tu m'écri- vais, le 23 novembre dernier :

— Cette fois-ci j ça ne va plus du tout. C*est de pire en pire. Je suis allé à la messe le jour de la Toussaint^ mais y ai bien manqué y rester. J*ai cru que i* allais étouffer complète- ment. Aussi^ je n^y suis pas retourné depuis.

Jusqu'au jour où, te couchant, tu ne sus pas que tu ne te lèverais plus jamais. Je ne veux point parler de tes souffrances. C'est là encore que tu fus un résigné.

Tu es retourné à l'église. Devant le choeur, ils t'ont posé le plus doucement possible. J'ai revu les tentures noires, et les têtes de morts. Toi qui avais assisté à tant d'enterrements, il me semblait te revoir aller et venir. Mais ma pauvre maman pleurait beaucoup, silencieuse- ment. Et, comme lorsque j'étais enfant de chœur et que, moi aussi, j'assistais à des enterrements qui me déchiraient l'âme, je faisais de grands efforts pour ne pas fondre en larmes. Tu étais là, tourné vers l'autel d'où montaient les prières, vers le chœur où les chantres imploraient, pour toi, la suprême pitié. Toi qui t'effaçais toujours devant tout le monde, toi qui semblais toujours douter de toi- même, n'était-ce pas encore toi que j'entendais dire :

��yudex ergo cum sedebity Quidquid latet apparebit : Nil inultum remanebit.

�� �