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520 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

III

MONDANITÉS

Maurice a des amis dans tous les mondes. Il ne faudrait pas croire qu'il ne soit capable de comprendre que les âmes frustes et le langage simple de madame Rêver tégat ou de madame Toesca-Sardou. Leur conversation est sans doute passionnante, mais le grand monde n'est fade que pour ceux qui ne savent pas le re- garder. Il y a du pittoresque partout, de l'humanité dans tous les milieux. Aussi Maurice tient-il à ne pas négliger les salons. Il n'y est pas reçu avec le respect qu'on témoigne au capitaine de la gendarmerie ou aux sous-lieutenants d'Alpins, possibles époux de ces petites demoiselles, mais enfin on l'accueille sans difficulté. Il vient de Paris, a connu là-bas des gens illustres. Il ne s'incrustera pas, il ne veut point capter de dot ; il est inoffensif

Le mardi, vers cinq heures, le voici donc qui, ganté, verni, rasé de près par le loquace et jovial M. Foucart, coif- feur à la place aux Aires, pénètre dans le salon de madame Charras, la femme d'un des nombreux no- taires de la ville.

Le salon de madame Charras n'a pas besoin d 'être décrit. Se reporter, pour se l'imaginer, encore aux romans de Champfleury, ce maître. Il est empli du bavardage de cinq personnes : la maîtresse de maison, boulotte, aimable ; ses deux filles : Adrienne et Emma, qui ne sont pas Jumelles, mais s'habillent, se conduisent, se meuvent et pensent comme si elles l'étaient : robes puce, chemisettes blanches, sourires confiants dans la vie; madame Brun, épouse du pharmacien, beauté de pro-

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