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5IO LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Monsieur Truc. — Vous en avez vu, pourtant, des pays !...

Le bel Arsène. — Oui, mais on en revient toujours à sa patrie... et à sa jeunesse.

Le Cul-de Jatte du Cours. — Eh ! vos petites, il y en a les trois quarts de truquées, ou d'anémiques, et les autres sont toutes pour les parfumeurs.

Le bel Arsène. — Mais non, pas toutes... Je sais bien que ces gros fabricants, ils essaient toujours de se donner les plus jolies ; seulement, voilà ! ils s'illusionnent souvent sur leurs moyens. . . Alors, les petites, ça ne les abîme guère.

Le Cul-de Jatte du Cours, furieux d'avoir été interrompu dans son récit. — Enfin, je ne m'occupe pas de ce que vous faites, avec vos trieuses de violettes, mais je prétends que mon amie de Pégomas en valait bien trois, de ces pauvres grenouilles qui n'ont pas de sang dans les veines. C'était une créature magnifique ; on n'avait pas pleuré pour la faire, va !... Elle m'aimait, que c'était eftrayant !... Et, malgré son audace, pendant des mois, le curé n'a rien su. Pour être plus sûr de la tran- quillité, d'ailleurs, pour avoir une raison d'aller et de venir dans le presbytère, elle m'avait trouvé la place de chantre, oui, de chantre. Ce que j'en ai gueulé d' " Ore- mus " et de " Fobiscum " à toutes les heures du jour, on ne peut pas s'en faire une idée. Dire qu'il y a des gens qui font ça par plaisir !

Monsieur Truc. — Elle n'était pas bête, la bonne du curé, d'avoir trouvé ça.

Le Cul-de- Jatte du Cours. — Dans un sens, c'était très fort, mais ça s*est mal tourné au bout du compte.

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