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PETITS DIALOGUES GRASSOIS 5O5

II

L'AGE CANONIQUE

Le cabaret de madame Toesca-Sardou, déjà décrit au chapitre précédent. Sauf que Maurice n'y pénètre point pour y faire entrer ce rayon de vie parisienne et cette bouffée d'air étranger qui en modifiaient un peu les perspectives, le décor reste absolument pareil. Plus que toutes choses dans ce pays de tradition, il est immuable^ et Von devine que la mort seule pourrait empêcher M. Truc et M. Boeuf (piquet), Joseph et Marius (ma- nille), le Cul-de-jatte du Cours et V Aveugle de la Cathédrale (rien, plaisir d'être ensemble), d'accomplir là, presque quotidiennement, les rites sacrés et définitifs du jeu de cartes et de la libation. Seul, un petit chan- gement dans la disposition des personnages : comme il pleut, {ce qui est rare, et d'autant plus attristant), ces messieurs, comme mus par un obscur sentiment des cavernes, se sont rapprochés. Leurs tables sont mises bout à bout et, s'ils jouent toujours, par mêmes groupes séparés, leur conversation, ou du moins le vague ânon- nement qui leur en tient lieu, est générale. Madame Toesca-Sardou somnole doucement, encastrée dans son comptoir, et se contente de glisser parfois, sournoise^ un tendre coup d'œil à M. Truc, qui lui plaît.

Marius, jetant un regard de reproche à la lucarne qui devrait les éclairer. — C'est comme une cave ici... Eh ! madame!... madame Toesca-Sardou ! on ne voit plus seule- ment SCS cartes.

Madame Toesca-Sardou. — Alors, ne jouez plus.

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