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PETITS DIALOGUES GRASSOIS fOI

Quatrième marchande. — Mais moi, je sais que vous aimez la dorade, péchère ! je vous en ai réservé une. Tâtez un peu cette dorade et dites-moi si on ne ferait pas des péchés pour l'avoir ?... Oh ! quelle belle dorade !...

Maurice. — Hélas ! mesdames, vous savez que c'est à madame Revertégat que fut ma première pensée lors- que j'entrai dans ce marché, le jour où je le découvris.

Troisième marchande. — Elle a de la chance, madame Revertégat, mais elle n'a pas de si beavix poissons...

Madame Revertégat. — Ne les écoutez pas, mon- sieur. D'abord, c'est à moi que vous prenez le poisson. Vous ne voudriez pas commencer à me faire des misères ?

Maurice. — Vous reste-t-il au moins encore des arapèdes ?

Madame Revertégat. — Des arapèdes. Eh ! mon bon monsieur, pour un peu, il n'en resterait plus. Madame Samat est venue tout à l'heure ; elle a presque tout acheté. Je ne savais pas si vous viendriez. Ca fait que je n'en ai réservé que trois hectos, à tout hasard.

Maurice. — Enfin, ça suffira.

Madame Revertégat. — Mais oui, vous et moi, on s'entend, pas vrai r Vous êtes si gentil !... Ce n'est pas vous qui trouvez que je ne fais pas bon poids.

Maurice. — C'est que vous êtes un cœur d'or, madame Revertégat, et la plus généreuse des peseuses.

Madame Revertégat. — Vous dites ça, vous dites ça... Comme c'est aimable à vous ! {Emportée par Vélan de sa gratitude.) Ah ! tenez, monsieur Maurice, vous devriez vous marier.

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