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NOTES 489

vivent d'une vie profonde, mais ce qu'ils nous en expriment est bien ennuyeux et bien agaçant. "

Et plus loin :

" Malgré ses beautés confuses et bizarres, ce drame dégage un insurmontable ennui. Je l'avais éprouvée, cette impression d'ennui, il y a dix-huit ans, mais il s'y mêlait alors l'attrait d'une nouveauté que n'a plus pour nous aujour- d'hui l'œuvre d'Ibsen. Aujourd'hui, les pistolets du général Gabier font long feu."

M. Henri de Régnier veut bien reconnaître, çà et là, dans le drame, "quelques scènes curieuses et fortes" ; ce qui ne l'empêche pas de trouver saugrenu le personnage d'Hedda, et de conclure avec autorité : " Et maintenant que l'on ne nous donne plus jamais Hedda Gabier ! "

Dans ses préfaces, Dumas fils se permettait à l'égard de Goethe des réflexions à peu près aussi pertinentes. Voltaire devant Shakespeare ne se montrait guère plus compréhensif ni guère plus respectueux. M. Henri de Régnier est dans la tradition.

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Une pièce nouvelle de Gerhardt Hauptmann (de M. Stanislas Rzevvuski dans Le Gaulois) :

" L'action des Rats, c'est le titre de la nouvelle pièce de Gerhardt Hauptmann, se passe dans les bas-fonds de la capi- tale prussienne. Signalons en passant ce fait assez curieux : c'est la première fois que l'illustre dramaturge aura situé les péripéties d'un de ses ouvrages à BerUn même. Mais les atro- cités de la misère, les souffrances des vaincus, les injustices des destinées sont les mêmes partout, sur les bords de la Sprée aussi bien que dans les mornes plaines de la Silésie, où souf- frent, se révoltent et succombent les tisserands symboliques de son chef-d'œuvre le plus connu. Et nous savons déjà avec quelle force, quelle émotion et quelle vérité profonde le grand écrivain a toujours eu le don d'évoquer les épreuves des dés- hérités de ce monde. Comme dans Les bas-fonds de Gorki ou

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