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45^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

embarrassée, ainsi que moi, que de savoir comment enga- ger l'entretien; car elle se récria que je ne pouvais malheu- reusement juger en cette saison de ce que pouvait devenir à l'automne ce parc, encore grelottant et mal réveillé de l'hiver — du moins ce qu'il avait pu devenir, reprit- elle ; qu'en restera-t-il désormais après l'aiFreux travail des bûcherons ?...

— Ne pouvait-on les empêcher ? m'écriai-je.

— Les empêcher! répéta-t-elle ironiquement en levant très haut les épaules ; et je crus qu'elle me montrait son misérable chapeau de feutre pour témoigner de sa détresse, mais elle le levait pour le reposer sur sa tête, rejeté en arrière et laissant découvert son front ; puis elle commença de ranger ses morceaux de crêpe comme si elle s'apprêtait à partir. Je me baissai, ramassai à ses pieds le ruban vert, le lui tendis.

— Qu'en ferais-je, à présent ? dit-elle sans le prendre. Vous voyez que je suis en deuil.

Aussitôt je l'assurai de la tristesse avec laquelle j'avais appris la mort de Monsieur et de Madame Floche, puis enfin celle du baron ; et comme elle s'étonnait que j'eusse connu ses parents, je lui laissai savoir que j'avais vécu auprès d'eux douze jours du dernier octobre.

— Alors pourquoi tout à l'heure avez-vous feint de ne savoir où vous étiez ? repartit-elle brusquement.

— Je ne savais comment vous aborder. Puis, sans trop me découvrir encore, je commençai de lui raconter quelle passionnée curiosité m'avait retenu de jour en jour à la Quartfourche dans l'espoir de la rencontrer et, car je ne lui parlai pas de la nuit où mon indiscrétion l'avait sur- prise, mes regrets enfin de regagner Paris sans l'avoir vue.

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