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444 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

D'une secousse elle remonta son manteau qui avait un peu glissé de ses épaules, et se pencha vers Madame Floche pour lui dire adieu. Il me parut que la pauvre femme cherchait à lui parler, mais c'était d'une voix si faible que je ne pus rien distinguer. Isabelle sans rien dire pressa une des tremblantes mains de la vieille contre ses lèvres. Un instant après je m'élançais à sa poursuite dans le couloir.

Au moment de descendre l'escalier, un bruit de voix m'arrêta. Je reconnus celle de Mademoiselle Verdure, qu'Isabelle avait déjà rejointe dans le vestibule, et je les aperçus toutes deux en me penchant par dessus la rampe. Olympe Verdure tenait une petite lanterne à la main.

— Tu vas partir sans l'embrasser ? disait-elle, — et je compris qu'il s'agissait de Casimir. — Tu ne veux donc pas le voir ?

— Non, Loly ; je suis trop pressée. Il ne doit pas savoir que je suis venue.

Il y eut un silence, une pantomime que d'abord je ne compris pas bien. La lanterne s'agita projetant des ombres bondissantes. Mademoiselle Verdure s'avançant, Isabelle se reculant, toutes deux se déplacèrent de quelques pas ; puis j'entendis :

— Si ; si ; en souvenir de moi. Je le gardais depuis longtemps. A présent que je suis vieille, qu'est-ce que je ferais de cela ?

— Loly ! Loly ! Vous êtes ce que je laisse ici de meilleur.

Mademoiselle Verdure la pressait entre ses bras :

— Ah ! pauvrette ! comme elle est trempée !

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