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ISABELLE 443

haut que la déclamation de la vieille, retentit en moi tout ce que ces pauvres objets racontaient d'aventureux, de misérable. Un sanglot m'étreignit la gorge ; et je me promis, quand Isa quitterait la maison, de la suivre à travers le jardin.

Madame de Saint- Auréol cependant avait fait trois pas vers le fauteuil de Madame Floche :

— Allons ! donnez-moi ces billets ! Pensez-vous que sous votre mitaine je ne voie pas se froisser le papier ? Me croyez-vous aveugle, ou folle ? Donnez-moi cet argent vous dis-je ! — Et, mélodramatiquement, approchant les billets dont elle s'était emparée, de la flamme d'une des bougies du candélabre : — Je préférerais brûler le tout (faut-il dire qu'elle n'en faisait rien) plutôt que de lui donner un liard.

Elle glissa les billets dans sa poche et reprit son geste déclamatoire :

— Fille ingrate ! Fille dénaturée ! Le chemin qu'ont pris mes bracelets et mes colliers, vous saurez l'apprendre à mes bagues ! — Ce disant, d'un geste habile de sa main étendue, elle en fit tomber deux ou trois sur le tapis. Comme un chien affamé se jette sur un os, Isabelle s'en saisit.

— Partez, à présent ; nous n'avons plus rien à nous dire, et je ne vous reconnais plus.

Puis ayant été prendre un éteignoir sur la table de nuit, elle en coiffa successivement chaque bougie du can- délabre, et partit.

La pièce à présent paraissait sombre. Isabelle cependant s'était relevée ; elle passait ses doigts sur ses tempes, reje- tait en arrière ses boucles éparses et rajustait son chapeau.

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