Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


434 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

" castilles ". Il prétendait que la vieille fille en avait besoin pour sa santé ; il la faisait monter à l'arbre comme on emmène un chien faire un tour. Il n'y apportait peut-être pas de méchanceté, mais certainement de la malice et s'y montrait assez provoquant. Cela les occupait tous deux et assaisonnait leur journée.

Le petit incident du dessert nous avait laissés nerveux. Je cherchais une diversion et, tandis que l'abbé versait les tasses, ma main rencontra dans la poche de mon veston un paquet de feuilles, ramille d'un arbre bizarre qui croissait près de la grille d'entrée et que j'avais cueillie le matin pour en demander le nom à Mademoiselle Verdure ; non que je fusse bien curieux de le connaître, mais elle se trouvait flattée qu'on fît appel à son savoir.

Car elle s'occupait de botanique. Certains jours elle partait herboriser, portant en bandoulière sur ses robustes épaules une boîte verte qui lui donnait l'aspect bizarre d'une cantinière ; elle passait entre son herbier et sa " loupe montée " le temps que lui laissaient les soins domestiques... Donc Mademoiselle Olympe prit la ramille et sans hésiter :

— Ceci, déclara-t-elle, c'est du hétre-à-feuille-de-persil.

— Curieuse appellation! hasardai-je; ces feuilles lancéo- lées n'ont pourtant aucun rapport avec celles du...

L'abbé depuis un instant souriait avec pertinence :

— C'est ainsi qu'on appelle à la Quartfourche le fagus persicifolia^ fît-il comme négligemment. Mademoiselle Verdure soubresauta :

— Je ne vous savais pas si fort en botanique.

— Non ; mais j'entends un peu le latin. Puis, incliné vers moi : Ces dames sont victimes d'un involontaire

�� �