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4^4 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

considérables, ces incomparables efforts, de Luther à Hegel, l'Allemagne est restée sans culture définie, tangible et donnée pour chacun. Je ne puis en analyser les raisons ; elles nous reporteraient à l'histoire de la Réforme et de ses conséquences politiques et morales. Nous vivons dans un monde spirituel qui ne peut se manifester extérieurement, et où constamment le dedans et le dehors, l'idée et la manifestation, la religion et la politique sont en opposition de plus en plus violente. Nous ne sortons pas d'une crise qui jamais ne s'est montrée plus aiguë que depuis cent ans, depuis le temps de ces premiers romantiques allemands dont les aspi- rations les plus intimes me semblent bien moins littéraires que celles des romantiques français ; période qui commença lorsque Frédéric Schlegel proclama la révolution française, la doctrine de Fichte et le Wilhelm Meister de Gœthe les trois plus grands événements de l'époque.^ Des signes certains semblent prouver qne cette période est à sa fin ; mais la naissance de l'élément nouveau qui triomphera de la crise actuelle, affronte les forces et les masses dans une lutte plus passionnée et plus funeste que jamais.

Chez nous, tout semble en éternel travail contre

  • Il est intéressant de remarquer à ce propos que, par un effort

d'intuition, très rare chez les philosophes de l'histoire et de l'art, Frédéric Schlegel vit, le premier, la nécessité profonde et les condi- tions, morales aussi bien que métaphysiques, d'une synthèse entre romantisme et classicisme.

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