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LE LIVRE DE l'aMOUR 4O7

ves ; je sais aussi des mots très simples, dont on ne croyait pas le souvenir possible au coin des lèvres gercées, et qui chantent comme un vase dans le cœur de ses fêlures.

Peut-être que le soleil brûle à pic sur les fon- taines. Mais j'ai pour moi une chambre close; l'ombre y est si mouillée qu'elle baigne dans la fraîcheur, si profonde qu'on ne peut pas lire au cadran de la pendule et que le temps n'existe plus.

Peut-être... Mais nous resterons tout le jour dans ce silence et cette paix, comme les abeilles qui se reposent dans la chaleur croissante de la ruche, dans l'ascension du miel ; et quand enfin, pensant le soir venu, nous lèverons le store, ce sera pour voir les étoiles au bord de leur terrasse dire à la lune Ave.

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Salut et bénédiction. Délicate comme l'œillet blanc, folle comme ce reflet d'eau qui danse au milieu du mur, et sacrée ! Que n'es-tu pas ? Tu es le grain d'encens venu d'Asie pour embaumer une église de campagne ; tu es ardente et pure ; tes yeux sont doux comme les fontaines qui n'ont jamais vu le soleil ; ton corps entier chante la violence avec mesure, et tes longs gestes d'aban- don, comme une phrase prisonnière de la musique, restent toujours enclos dans les plus suaves courbes de la ferveur. Ainsi chaque jour désormais

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